Article Complet de #Gavlak: EXCLUSIF: Des #Syrie.ns à #Ghouta déclarent que des #rebelles armés par #l’Arabie #Saoudite sont derrière l’#attaque #chimique

Posted on August 31, 2013

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Cet article est une collaboration entre Gavlak Dale, journaliste pour Mint Press News (et l’Associated Press), et Yahya Ababneh. Publié le 29 Août 2013 sur Mint Press News. Traduit de l’anglais au français par Haifa Barhoumi.

Les rebelles et les résidents locaux à Ghouta accusent le prince saoudien Bandar bin Sultan de fournir des armes chimiques à un groupe rebelle lié à Al-Qaida.

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Ghouta, la Syrie – Alors que l’organisation d’une intervention militaire américaine en Syrie s’accélère suite à une attaque avec des armes chimiques la semaine dernière, il se pourrait que les Etats-Unis et ses alliés soient en train de cibler le mauvais coupable.

Des entretiens faits avec des personnes à Damas et à Ghouta, une banlieue de la capitale syrienne, semblent indiquer les mêmes conclusions annoncées par l’Agence de Médecins humanitaires sans frontières, selon lesquelles 355 personnes ont été tuées la semaine dernière à cause d’un agent neurotoxique.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ainsi que la Ligue arabe ont accusé le régime du président syrien Bachar al-Assad d’avoir réalisé l’attaque aux armes chimiques qui a surtout visé des civils. Des navires de guerre américains sont stationnés dans la Méditerranée, prêts à lancer des frappes militaires contre la Syrie comme punition pour avoir utiliser des armes chimiques. Les États-Unis et les autres ne sont pas intéressés par l’examen de toute preuve contraire, le secrétaire d’Etat américain John Kerry ayant dit Lundi que la culpabilité d’Assad était «un jugement … déjà clair pour le monde.”

Cependant, à travers de nombreux entretiens avec des médecins, des résidents de la Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, un tableau différent apparaît. Beaucoup croient que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et que ceux-ci sont responsables de l’attaque au gaz.

Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle de l’opposition qui vit à Ghouta, raconte: «Mon fils est venu me voir il y a deux semaines me demandant ce que je pensais des armes qu’on lui avait demandé de transporter».

Abdel Moneim a dit que son fils et 12 autres rebelles ont été tués à l’intérieur d’un tunnel utilisé pour stocker des armes fournies par un militant saoudien, connu sous le nom d’Abou Ayesha, qui dirigeait un bataillon de combat. Le père a décrit les armes comme ayant une «structure en forme de tube” tandis que d’autres étaient comme une “bouteille de gaz énorme.”

Les habitants de la ville de Ghouta ont dit que les rebelles utilisaient des mosquées et des maisons privées pour dormir et stockaient leurs armes dans les tunnels.

Abdel Moneim a ajouté que son fils et les autres sont morts lors de l’attaque d’armes chimiques. Le même jour, le groupe militant Jabhat al-Nusra, qui est lié à Al-Qaïda, a annoncé qu’il allait attaquer de la même manière, en représailles présumées, des civils à Latakia, une région située sur la côte ouest de la Syrie et qui soutient le régime d’Assad. Une combattante nommée «K», se plaint: «Ils ne nous ont pas dit ce qu’étaient ces armes ou comment les utiliser. Nous ne savions pas que c’était des armes chimiques. Il nous ai jamais venu à l’esprit qu’il s’agirait d’armes chimiques ».

“Quand le prince saoudien Bandar donne de telles armes à des gens, il devrait les donner à ceux qui savent comment les manipuler et les utiliser”, a-t-elle avertit. Comme d’autres Syriens, elle n’a pas voulut utiliser son nom et prénom par crainte d’un châtiment.

Un chef rebelle bien connu à Ghouta, nommé ‘J’, est accord: ” Les militants de Jabhat al-Nusra ne coopèrent pas avec d’autres rebelles, à l’exception de combats sur le terrain. Ils ne partagent pas les informations secrètes. Ils ont simplement utilisé des rebelles ordinaires pour transporter et manœuvrer ce matériel “.

«Nous étions très curieux au sujet de ces armes. Et malheureusement, certains des combattants ont manipulé les armes de façon inappropriée et ont déclenché les explosions “, a déclaré « J ».

Les médecins qui ont traité les victimes des armes chimiques ont mis en garde les intervieweurs pour qu’ils fassent attention lorsqu’ils poseraient des questions concernant qui exactement était responsable de l’agression mortelle.

Le groupe humanitaire des Médecins sans frontières ont ajouté que les travailleurs de la santé ayant aidé 3.600 patients ont également signalé des symptômes similaires, y compris l’écume à la bouche, la détresse respiratoire, des convulsions et une vision floue. Le groupe n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l’information.

Plus d’une douzaine de rebelles interrogés ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien.

L’implication saoudienne:

Dans un article récent de Business Insider, le journaliste Geoffrey Ingersoll a souligné le rôle du prince saoudien Bandar dans les deux ans et demi de la guerre civile syrienne. De nombreux observateurs estiment que Bandar, ayant des liens étroits avec Washington, a été au cœur de la campagne américaine pour la guerre contre Assad.

Ingersoll réfère à un article dans le Daily Telegraph du Royaume-Uni parlant de négociations secrètes entre les russes et les saoudiens et prétendant que Bandar aurait offert au président Russe, Vladimir Poutine, du pétrole pas cher en échange d’abandonner Assad.

«Le prince Bandar s’est engagé à protéger la base navale de la Russie en Syrie si le régime d’Assad était renversé, mais il a également fait allusion à des attaques terroristes tchétchènes contre les Jeux olympiques d’hiver de la Russie à Sotchi s’il n’y avait pas accord,” a écrit Ingersoll.

“Je peux vous donner une garantie pour protéger les Jeux olympiques d’hiver de l’année prochaine. Les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par nous “, Bandar aurait dit aux Russes.

«Outre le feu vert des autorités saoudiennes, les États-Unis auraient donné permission au chef de renseignement saoudien pour mener ces négociations avec la Russie, qui n’est pas une surprise”, a écrit Ingersoll.

«Bandar a une éducation américaine, à la fois militaire et collégiale, ayant servi comme ambassadeur saoudien très influent aux États-Unis. La CIA aime beaucoup cette personne,” a-t-il ajouté.

Selon le journal “L’indépendant” du Royaume-Uni, les premières allégations selon lesquelles le régime aurait utilisé le gaz sarin ont été faites par l’agence de renseignement du prince Bandar en février auprès d’ alliés occidentaux.

Un rapport récent du “Wall Street Journal” indique que la CIA avait réalisé que l’Arabie Saoudite était “sérieuse” concernant le renversement d’Assad lorsque le roi saoudien a nommé le prince Bandar pour diriger cette mission.

«Ils croyaient que le prince Bandar, qui est un vétéran des intrigues diplomatiques de Washington et du monde arabe, pourrait offrir ce que la CIA ne pouvait pas: des avions pleins d’argent et d’armes, et, comme un diplomate américain l’a décrit, une “wasta”, mot arabe décrivant une influence qui rend les ententes secrètes possibles”.

Bandar a avancé vers l’objectif prioritaire de la politique étrangère de l’Arabie saoudite, signale le WSJ: il s’agit de vaincre Assad et ses alliés; Iran et le Hezbollah.

Dans ce but, Bandar a convaincu Washington de soutenir un programme pour armer et entraîner les rebelles sur une base militaire prévue en Jordanie.

Le journal rapporte qu’il a rencontré les Jordaniens qui étaient “mal à l’aise concernant une telle base»:

Ses rencontres à Amman avec le roi Abdallah de Jordanie ont parfois duré huit heures en une seule séance. “Le roi plaisantait: « Oh, Bandar vient à nouveau? Laissons deux jours libres pour la réunion »,” raconte une personne familière avec ces réunions.

Il semblerait que la dépendance financière de la Jordanie envers l’Arabie saoudite a donné le fort levier aux Saoudiens. Citant des responsables arabes, WSJ décrit un centre d’opérations en Jordanie qui a commencé à travailler durant l’été 2012, y compris une piste d’atterrissage et des entrepôts d’armes. L’ Arabie aurait procuré des AK-47 et des munitions sont arrivées.

Bien que l’Arabie saoudite a officiellement déclaré qu’elle soutenait les rebelles plus modérés, le journal a rapporté que “des fonds et des armes ont été acheminées vers les radicaux secrètement, simplement pour contrer l’influence des islamistes rivaux, soutenus par Qatar.”

Mais les rebelles interrogés ont dit que le prince Bandar est appelée “al-Habib» ou «l’amant» par les militants d’Al-Qaida militants qui combattent en Syrie.

Peter Oborne, ayant écrit dans le Daily Telegraph jeudi, a émis une mise en garde au sujet de la ruée de Washington visant à punir le régime d’Assad avec ce qu’elle a appelé des attaques “limitées” qui n’étaient pas destinées à renverser le dirigeant syrien, mais plutôt à diminuer sa capacité à utiliser des armes chimiques:

Considérez ceci: Les seuls bénéficiaires de l’atrocité étaient des rebelles, ayant perdu déjà la guerre et qui ont maintenant la Grande-Bretagne et l’Amérique prêtes à intervenir de leur côté. Bien qu’il semble y avoir peu de doute que des armes chimiques ont été utilisées, il existe un doute sur qui les a déployé.

Il est important de se rappeler que Assad a été accusé d’utiliser des gaz toxiques contre les civils précédemment. Mais cette fois, Carla del Ponte, un commissaire de l’ONU sur la Syrie, a conclu que les rebelles, et non pas Assad, étaient probablement responsables.

Certaines informations contenues dans cet article n’ont pas pu être vérifiées de façon indépendante. Mint Press News continuera de fournir de plus amples informations et des mises à jour.

Clarification: Dale Gavlak a aidé dans le processus de recherche et de rédaction de cet article, mais il n’était pas sur le terrain en Syrie. Yahya Ababneh, avec lequel le rapport a été rédigé en collaboration, était le correspondant sur ​​le terrain à Ghouta. Il a parlé directement avec les rebelles, des membres de leur famille, victimes des attaques d’armes chimiques et des résidents locaux.

Dale Gavlak est un correspondant au Moyen-Orient pour Mint Press News et l’Associated Press. Gavlak a été en poste à Amman, en Jordanie pour l’Associated Press depuis plus de deux décennies. Un expert dans les affaires du Moyen-Orient, Gavlak couvre actuellement la région du Levant du Moyen-Orient pour les AP, National Public Radio et presse de Mint Press News, écrivant sur des sujets tels que la politique, les questions sociales et les tendances économiques. Dale est titulaire d’une maîtrise en études du Moyen-Orient de l’Université de Chicago. Contacter Dale à dgavlak@mintpressnews.com

Yahya Ababneh est un journaliste indépendant jordanien. Il travaille actuellement pour obtenir un diplôme de maîtrise en journalisme. Il a couvert des événements en Jordanie, au Liban, en Arabie Saoudite, la Russie et la Libye. Ses histoires sont apparues sur Amman Net, Saraya News, Gerasa News et ailleurs.

 
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